Cette série trouve son origine dans une réflexion menée par Laurent Valera autour de l'eau, élément fondamental du vivant. Présente sur Terre depuis plus de 3,5 milliards d'années, l'eau accompagne l'émergence, le développement et la transformation des formes de vie. Elle traverse les organismes, façonne les paysages, transporte les matières et relie les êtres entre eux.
À travers ces encres sur papier et sur bois, l'artiste cherche moins à représenter l'eau qu'à lui laisser une capacité d'action. Les flux, les dépôts et les mouvements générés par la rencontre entre l'eau et l'encre produisent des formes organiques en perpétuelle évolution. Des réseaux apparaissent, se développent, se transforment puis disparaissent, évoquant tour à tour des structures végétales, cellulaires, géologiques ou encore des paysages en devenir.
Le titre de la série trouve notamment son origine dans la structure de la molécule d'eau : H-O-H. Cette formule agit pour l'artiste comme une figure élémentaire de relation, de circulation et de transformation.
Quelques temps plus tard, alors qu'il poursuit ses recherches autour de l'eau et réalise la vidéo H-O-H (2021), une découverte inattendue vient donner un nouvel éclairage à ce travail. L'artiste apprend l'existence de la rivière Hoh, de la Hoh Rain Forest et du territoire du peuple Hoh sur la péninsule Olympique, dans le nord-ouest des États-Unis. Lors de la réalisation de la vidéo, il ignorait pourtant totalement l'existence de ce territoire.
Cette coïncidence agit alors comme une résonance. Ce paysage parmi les plus humides du continent nord-américain, où glaciers, rivières, forêts primaires, mousses et cycles de transformation façonnent continuellement le vivant, semble entrer en dialogue avec les questionnements déjà présents dans son travail.
Avec le recul, Aspirations d'eau apparaît comme l'un des premiers chapitres d'une recherche plus vaste consacrée aux processus de transformation qui traversent les matières, les paysages, les êtres vivants et la perception elle-même. L'eau y est envisagée comme une force de métamorphose capable de générer des formes, des relations et des passages entre différents états du monde.
Aspirations d'eau Part. V se développe en quatre familles de travaux :
Des encres sur papier en recto / verso :
"Sans titre", encres sur papier en recto et verso par diffusion au travers de la matière, dim. 46 x 61 cm. Deux traces pour un évènement.
Une partie de ce travail sera présentée dans le cadre de l'exposition H-O-H à l'Espace Culturel du Bois Fleuri à Lormont du 11 septembre au 30 octobre 2021. Cette exposition sera accompagnée d'une
écriture de texte de la critique d'art Pauline Lisowski.
L'acte de production fait que les travaux évoluent et mutent légèrement. Une nouvelle intervention ouvre une nouvelle porte qui donne accès à des possibles et des développements surprenants. Je me sens guidé et par les travaux eux mêmes et par une intuition forte de creuser les pistes qui se présentent à moi. Enchantement du faire et de la découverte.
Aspirations d’eau est une série de travaux picturaux qui se décline en plusieurs volets depuis 2014.
Dans ce travail l’artiste laisse l’eau autonome dans ses actions et ses aspirations propres. C’est elle qui, de ses propriétés physiques et chimiques organise l’espace du format. Pour cela, le
protocole de création évolue de volet en volet, avec des contraintes imposées par l’artiste à l’élément dans sa phase aqueuse : contraintes de formes et de matières, d’objets (tissus,
voile étanche…). Ce n’est qu’après quelques jours de séchage qu’il découvre les actions inscrites par l’eau, en surface du support. Dans Aspirations d’eau Part. I et V, l’action de l’eau imbibe
la matière, imprimant au verso une autre révélation. L’artiste donne à voir par ces traces une action de collecte, comme une mémoire de l’histoire du voyage de l’eau. Il a l’idée d’y lire un
langage intrinsèque du vivant, où l’eau serait l’architecte et l’organisatrice de la vie sur la planète terre. Pour ce volet n°V, Laurent Valera parle de son intuition que l’eau projetterait sa
symétrie moléculaire dans la construction du vivant qu’elle porte et traverse depuis plus de 3,5 milliards d’années. Le titre de l’exposition H-O-H fait référence à la chimie de l’eau dont la
formule est connue de tous : H20.
Titans, encres sur papier 300 g ou sur panneau bois :
"Sans titre", encres sur panneau bois :
"Sans titre", encres sur papier 300 g :
* versos
* rectos
"Sans titre", monotypes sur papier 300 g :