Laurent Valera — Artiste plasticien
Laurent Valera développe une pratique transdisciplinaire où se croisent installation, sculpture, image, vidéo et performance. Depuis ses premières recherches, son travail explore les phénomènes de transformation et de passage, à travers une attention particulière portée à la matière, au mouvement, à la perception et aux relations qui relient les êtres à leur environnement.
Distorsions, reflets, fragmentations, écoulements et changements d'échelle sont autant de moyens de déplacer le regard et d'ouvrir les formes à d'autres lectures. De Reflets, MM1 - Miroir mouvant et le Portrait dynamique aux installations Source de vie, Lumières de sirènes et Water Business, une même recherche se dessine : rendre les limites plus poreuses et faire apparaître les connexions possibles entre ce qui semble, au premier regard, séparé.
L'eau occupe une place importante dans cette démarche. Plus qu'un sujet, elle est une matière et une force agissante : elle transforme les images et les perceptions, agit sur les paysages et participe directement aux processus de l'œuvre. Cette dimension traverse notamment Aspirations d'eau, Les Glaciers du Kilimandjaro, H-O-H, Remember Me ! ou encore la performance Souffles, où la transformation peut se produire en temps réel, dans le mouvement même de l'œuvre.
Ses recherches actuelles autour de la laine et du feutre prolongent cette démarche. Dans le processus du feutrage à l'eau et au savon, l'eau transforme physiquement la fibre jusqu'à faire émerger une nouvelle matière et de nouvelles formes. Avec les masques, les figures sculpturales et leur activation par le corps, la transformation se poursuit : la matière devient forme, la forme devient présence, ouvrant de nouveaux espaces de passage entre sculpture, corps et vivant.
À travers ces différents médiums, Laurent Valera envisage l'œuvre moins comme une forme définitive que comme un état au sein d'un processus. Naissance, évolution, transformation et disparition participent d'un même cycle. L'éphémère et la disparition ne sont pas envisagés comme des fins, mais comme la possibilité pour la matière et les formes de rejoindre d'autres devenirs.
Cette recherche porte une dimension sensible et spirituelle : entrer plus profondément dans la matière pour tenter d'approcher ce qui l'anime, ouvrir la perception, créer des liens et rendre plus poreuses les frontières entre le fragment et le tout, la matière et le vivant, le visible et ce qui peut être pressenti.
La transformation et le passage apparaissent ainsi comme les fils conducteurs d'une œuvre qui cherche moins à fixer le monde qu'à accompagner ses mouvements et à révéler les relations qui le traversent.

Laurent Valera est un artiste plasticien pluridisciplinaire dont le travail se déploie à travers la peinture, la sculpture, l’installation, la photographie, la vidéo et la performance. Sa pratique se construit au croisement de différentes disciplines et s’enrichit de collaborations avec le spectacle vivant, la danse contemporaine et la recherche autour des matériaux.
Depuis 26 ans, son travail explore les processus de transformation qui traversent le vivant, les matières et les paysages. L’eau constitue le point de départ de cette recherche. À travers des séries comme Aspirations d’eau, initiée en 2014, il s’intéresse aux formes générées par les flux, aux phénomènes d’émergence et aux relations invisibles qui relient les êtres et leur environnement. L’eau n’est pas seulement un sujet : elle devient un agent de création capable de produire des formes, des traces et des récits.
Cette réflexion se prolonge dans les grands monotypes Titans et dans la vidéo H-O-H (2021), où les encres en mouvement donnent naissance à des métamorphoses permanentes. Les formes apparaissent, se transforment puis disparaissent dans un flux continu. Avec le recul, cette œuvre marque un moment charnière dans son parcours, révélant un intérêt croissant pour les états de passage et les dynamiques de transformation plutôt que pour les formes figées.
Cette recherche s’étend progressivement à d’autres champs d’expérience. En 2022, Laurent Valera se forme à la transe cognitive auto-induite auprès de Corine Sombrun et de l’équipe du TranceLab Institute. Cette expérience nourrit sa réflexion sur la perception, les états de conscience et les transformations intérieures, ouvrant de nouvelles perspectives dans sa compréhension du processus créatif.
À partir de 2024, il engage un nouveau cycle de recherche autour de la laine et du feutre. Avec les séries Idols, Gardien.nes et Les Forces, il explore les capacités de cette matière à incarner des présences, des figures intermédiaires et des formes en devenir. Le feutrage, procédé fondé sur l’entrelacement et la fusion des fibres, prolonge ses questionnements sur les liens, les métamorphoses et les relations entre les vivants. En résidence à La Soulane dans les Hautes-Pyrénées en 2025, il approfondit ces recherches en collaboration avec Marelha, entreprise de valorisation de la laine locale.
Son travail actuel, Figures de passage, poursuit cette exploration à travers une installation mêlant installations (huttes des origines à Génos en septembre 2026), masques, photographie et performances participatives. Nourri par l’observation des cycles de l’eau et des roches en montagne, ce projet interroge les seuils, les transformations et les passages qui relient les êtres humains aux dynamiques plus vastes du vivant, des paysages et du cosmos.
Son œuvre a été présentée dans de nombreux contextes artistiques en France et à l’étranger. Il a notamment participé au Salon de Montrouge (2008), été premier résident de l’Institut Culturel Bernard Magrez (2011), finaliste des Talents Contemporains de la Fondation François Schneider (2013), participé à Nuit Blanche Paris (2014) ainsi qu’à la Biennale de Dakar Off (2018). Ses travaux ont été exposés à la Base sous-marine de Bordeaux (Medio Acqua, 2019), aux Archives de Bordeaux Métropole (Bordeaux-les-bains, 2021), au Musée des Confluences de Lyon (Nous, les fleuves) ainsi qu’à Marseille et Istres dans le cadre des Arts Éphémères 2024.
En 2024, son œuvre Le regard de l’eau intègre la collection d’art contemporain du Département des Bouches-du-Rhône.
Parallèlement, Laurent Valera a mené de nombreuses résidences d’artistes en France et à l’international, notamment en Tanzanie (Alliance française d’Arusha, 2016),
en Allemagne (Centre d'Art Oberpfälzer Künstlerhaus, 2017), en Guyane dans le cadre d’une résidence en entreprise avec EDF (2017–2018), en Afrique du Sud (Southern African Foundation For
Contemporary Art, 2018), dans le Lot (résidence-mission, 2020–2021), ou encore pour la ville de Saint-Rémy-de-Provence en 2023...
Il développe également des projets collaboratifs avec le spectacle vivant. En 2021, il crée avec la chorégraphe Christine Hassid la pièce de danse contemporaine
Souffles, présentée plus d'une quarantaine de fois de 2023 à 2024 à Bordeaux, Biarritz pour le festival "Le temps d'aimer" et au Luxembourg...
Depuis octobre 2025, Laurent Valera est installé à Oloron-Sainte-Marie dans les Pyrénées béarnaises où il poursuit ses recherches sur la laine.
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